Le modèle social à la française

vive la franceAprès les galères rencontrées dans la recherche d’emploi que j’ai expliquées hier, voici les galères administratives que peuvent rencontrer un entrepreneur français indépendant qui décide d’arrêter son activité pour retourner au salariat.

Après 3 années environ de salariat (boulôts d’été et les deux premières années de ma carrière), je viens de terminer environ 7 ans d’indépendant où j’ai versé des dizaines de milliers d’euros de cotisations sociales dont la plupart sont quasi impossibles d’en profiter (maladie, indemnités journalières, formation professionnelle, CSG, CRDS) et d’autres dont je pourrais peut-être profiter mais dont la réputation n’est plus à faire (retraite) sans avoir profité d’aucune aide au départ. Pendant ces 7 années j’ai fonctionné comme une vraie entreprise, investissant majoritairement chez des prestataires français.

Pour des raisons très variées, j’arrête mon activité d’indépendant et je recherche donc un emploi en entreprise et en attendant, je pensais que mes 3 années d’employé suffirait à me donner droit à l’allocation chômage. Mais non, amis entrepreneurs : ne rêvez pas. Visiblement ça fait trop longtemps que je n’ai pas eu de contrat de travail donc je n’y ai pas droit. J’ai cotisé, mais je n’y ai pas droit.

On s’étonne ensuite que la France ne soit pas un pays d’entrepreneurs… Et le pire c’est que prochainement je serai à nouveau salarié, je vais donc recommencer à cotiser, et je n’en profiterai peut-être jamais. Aucune LIBERTE de cotiser ou pas, aucune EGALITE dans les droits à profiter de l’aide sociale, aucune FRATERNITE pour les entrepreneurs. Vive la France !

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Ajout à 15h19
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Donc pour être plus complet car j’ai un peu bâclé l’explication.

Je me doutais que j’aurais droit à rien parce que je savais que les droits disparaissent après quelques temps et que je n’ai pas cotisé directement au chomage lors de ma période d’indépendant. Je ne conteste pas la décision puisqu’elle correspond à une loi, mais je conteste la loi en elle-même.

Ce que je ne comprends pas, c’est que sous prétexte que je n’étais plus salarié et que pour autant je continuais à travailler et à cotiser, ces droits disparaissent. Il y a 7 ans j’aurais eu droit à ces allocations mais j’ai moi-même crée mon emploi, évitant donc aux assedics de me verser cet argent. Aujourd’hui, cet allocation qu’on appelle « pour le retour à l’emploi » a disparu. On est d’accord ou pas, mais je trouve injuste qu’une période sans être employé t’empêche systématiquement de retrouver ton droit. Ce n’est pas parce que c’est la règle que la règle est juste. Régle un peu trop rigide à mon gout.

Ce que je veux dire aussi, c’est qu’en tant qu’indépendant, on t’impose de nombreuses charges sociales, même si tu sais que tu n’en a pas besoin. Y’a plusieurs sortes d’indépendants. Ceux qui sont de « simples » prestataires et qui mis à part le matériel ont une vision très précise de leur budget. Facile ainsi de provisionner et de calculer leurs revenus. Seulement les entrepreneurs n’ont pas cette logique. Ils doivent investir, embaucher, prendre des prestataires… La vision du budget est très différente et le besoin en argent pour investir très différent aussi. Je trouve que l’impossibilité de pouvoir moduler ses charges est contre productif. Dans un sens on ne peut pas cotiser pour le chomage, dans un autre on ne peut pas choisir de se passer des prestations sociales pour utiliser l’argent autrement.

En 7 ans, je n’ai pas eu d’autre choix que de payer beaucoup de charges sociales, tout en sachant que mis à part la maigre retraite, je ne profiterai de rien. Et moi ce système qui tue l’entreprenariat et fait que les entrepreneurs sont laissés avec leurs problèmes une fois l’entreprise fermée, ça a le don de m’agacer et confirme une chose : en France c’est vraiment compliqué d’être entrepreneur.

C’était plus un coup de gueule général sur les problèmes de l’entreprenariat et ses conséquences qu’à proprement parler sur les allocations chômage, qui au passage portent quand même mal leur nom actuellement. On a juste droit à un système super rigide, et quand on correspond pas au système, c’est encore plus dur.

Article rédigé avec amour par